Le grand hiver

 

Extrait du livre :

 

Le gamin entra dans l'un des bâtiments  et gravit rapidement plusieurs étages puis arrivé au quatrième, il s'aperçut que l'escalier n'allait pas plus loin il regarda si l'homme ne l'avait pas suivi jusque-là, -mais non!- Il n'y avait personne, alors Marc à  bout de souffle entra dans l'une des pièces et se laissa tomber sur un vieux banc vermoulu qui se trouvait dans l'un des coins obscurs.

— Eh, tu m'écrases ! cria une voix rauque, Marc se redressa vivement et recula de quelques pas. Il aperçut un garçon, à peine plus âgé que lui, légèrement plus grand, maigre, sale, la tignasse blonde mal peignée. Deux yeux vifs éclairaient son visage. Il était habillé de guenilles.

— Qu'est-ce que tu fous là, reprit l'autre d'un ton sévère.

— Je... j'étais poursuivi par un...

— Par quoi.

— Par un agent de police, murmura Marc, timidement

— Par un flic, reprit l'autre visiblement admiratif. Ah mais alors on est copains !

Marc esquissa un sourire, l'autre jeta un regard rapide autour de lui et tendit l'oreille.

— Bon ben t'as piqué quoi ? demanda-t-il.

— Je n'ai rien volé, répliqua Marc, surpris.

— Ah bon... tant pis, mais alors pourquoi étais-tu poursuivi par la police ?

— Parce que je me suis sauvé de chez moi.

L'autre se gratta la tête, puis se leva pour aller s'assurer qu'il n'y avait personne.

— Viens, dit-il, allons nous cacher là-bas.

Le garçon entraîna Marc, par-delà les gravats, dans ce qui semblait avoir été un grenier, autrefois.

— Ils ne viendront pas nous chercher ici, dit-il, et maintenant, raconte-moi ton histoire.

L’enfant écouta Marc sans l'interrompre et, lorsque ce dernier eut terminé, se gratta une nouvelle fois la tête, perplexe. Il tendit l'oreille pour  s'assurer qu'ils étaient toujours seuls.

— Tu ne peux plus te montrer sans risquer de te faire pincer, dit-il. D'ailleurs, la police doit sûrement t'attendre hors de la gare, plutôt que sur le quai, comme tu leur as déjà faussé compagnie une fois.

— Peut-être, admit  Marc, mais toi, qui es-tu ? et  que fais-tu ici ?

L'autre gamin le dévisagea.

— Tu as raison dit-il, à moi, maintenant de te raconter mon histoire : d'abord, je m'appelle Frédéric, "Fred" pour les copains... mes parents tenaient une petite épicerie, dans les faubourgs de Strasbourg. Ils sont morts il y a bien des années. C'est mon oncle qui a repris l'épicerie. Il m'a élevé, mais j'étais plus souvent à courir les rues qu'à ranger les rayons du magasin ! puis mon oncle a été tué  pendant l'exode, le magasin a été détruit par les bombardements. Moi, n'ayant plus de famille, j'ai été placé dans un orphelinat, mais je me suis sauvé. J'ai été repris plusieurs fois, mais je n'y suis jamais resté très longtemps... tu vois, mon histoire est simple.

— Comment fais-tu pour vivre tu n'as pas d'argent ? demanda Marc.

— Bah, tu sais, on ne peut pas dire que je vis, en fait je survis et je t'avouerais que je me "sers" sur les étalages des marchés et des magasins de la ville. Parfois je rends quelques services ainsi je peux me faire quelques pièces.

— tu risques de te faire prendre.

— Oui, c'est vrai, ça devient un peu plus compliqué chaque jour, admit Fred, mais tu sais la période la plus difficile, ça a été pendant l'occupation... avec les Allemands...

 

Les deux garçons restèrent silencieux un court instant.

— Pour tout te dire, reprit Fred, je m'ennuie ici... Plus rien ne me retient dans cette ville puisque  je n'ai plus de famille. Si tu veux, je t'aiderai à retrouver ton père .

Marc fut surpris et très touché par les propos du jeune garçon.

— On peut passer la frontière continua Frédéric, mais de nuit uniquement...

Il y eut un silence.

— Ainsi tu m'aideras, insista Marc, comme pour s'assurer de l'alliance de son nouvel ami.

— Je t'aiderai, oui, tu sais moi aussi, si j'avais encore mon père et qu'il soit loin, je ferais l'impossible pour le rejoindre... tu sais, Marc, la Hongrie, c'est loin, très loin, il y a des pays et des frontières !

— Je sais, soupira Marc, il faudra d'abord passer en Allemagne.

— Oh, t'en fais pas, je connais le chemin ! j'y  suis  allé deux fois, au temps des nazis.

— Et tu n'as jamais été pris ?

— Non, souffla Fred, toujours attentif au moindre bruit, il se leva, franchit de nouveau les gravats et  alla guetter dans la cage d'escalier, il n'y avait personne, le garçon revint vers Marc.

— Je connais une route qui n'est pas trop surveillée, reprit-il, Dis... dans ton sac, tu n'aurais rien à manger, par hasard ?

— Si, fit Marc en souriant, mais... tu as parlé d'une route, mais la frontière, c'est le Rhin.

— Bien sûr, mais il faut arriver jusque-là, après on peut traverser le fleuve soit par un pont, en se cachant dans un camion, soit dans une embarcation, mais c'est risqué, expliqua Frédéric en mordant dans un morceau de pain rassis.

— Mais toi, tu as réussi.

— Oui, mais j'ai pris beaucoup de risques.

— Comment as-tu fait ? demanda Marc.

— Oh, la première fois, je me suis embarqué clandestinement à bord d'une péniche et la seconde...

Fred s'arrêta net et tendit l'oreille pendant  un court laps de temps. Non, personne ne venait.

— La seconde ? insista Marc.

— Eh bien la seconde fois, je me suis embarqué dans un camion de ravitaillement.

Marc ne put retenir un sifflement admiratif.                                                                           

         Dehors, le jour déclinait et une bruine froide et pénétrante commençait à tomber.

— Ils ne viendront pas nous chercher ici, répéta Frédéric à voix basse, on va dormir un peu, puis on ira faire un tour du côté du fleuve.

 

Vers minuit, les deux amis sortirent de leur cachette non sans prendre mille précautions.

— Fred, tu crois que la police est partie ?

— Sûrement, tu sais, ils n'ont pas que toi à chercher, quant à fouiller les immeubles, ils ne sont pas assez, ça leur prendrait un temps fou... tu sais Marc, il y a des dizaines de gamins errants, comme nous, dans cette ville, alors si la police devait courir après tout le monde ! viens on va aller jusqu'au fleuve !

— On pourrait essayer de trouver un gué, suggéra Marc.

- Un gué ? Tu rigoles ? Tu vas voir la largeur du fleuve.

Quand ils furent arrivés en vue du Rhin, Marc comprit la sottise de sa suggestion.

— Même en barque, c'est quasi impossible, reconnut-il.

— Moi, j'y suis presque arrivé, une fois, c'est difficile à cause des patrouilles et des péniches... les Allemands, eux, tiraient sans sommation.

Fred jeta un regard soupçonneux alentour. Les deux gamins, tapis dans l'ombre des quais regardèrent longuement les eaux sombres du fleuve.

— Il est au moins vingt fois plus large que l'Ornain, murmura Marc admiratif.

— Tu exagères, répliqua Fred en riant, il n'est tout de même pas grand à ce point-là, si tu voyais le Danube, ça c'est un fleuve digne de ce nom.

— Plus grand que le Rhin ?

— Oh oui, c'est le plus beau fleuve d'Europe et l'un des plus longs, aussi.

— Cette fois, c'est toi qui exagères.

— Non, j'espère que je le verrai un jour.

— Je ne comprends pas : tu admires un fleuve que tu n'as jamais vu, c'est idiot.

— Non, il n'y a rien d'idiot là-dedans... c'est comme ça, je n'y peux rien ! et puis j'ai déjà vu des photographies... à l'école.

Ils marchèrent un peu le long de l'eau.

— Tu vois, reprit Frédéric, là-bas, c'est la caserne...

— la caserne ?

— Oui, toutes les semaines des camions partent de là et franchissent la frontière pour apporter du linge et des provisions, je ne sais pas où, mais je sais que c'est à une trentaine de kilomètres d'ici.

— Comment peux-tu savoir ça ? demanda Marc ébahi.

— Je le sais  parce que ça fait deux mois que je les épie et j'ai écouté les sentinelles discuter entre elles...

— Pourquoi ?

— Comme ça, pour m'amuser et puis pour tromper la solitude...

— C'est dingue, tu risquais de te faire prendre, s'exclama Marc.

— Chut ! parle plus bas, on pourrait nous entendre... on partira pour l'Allemagne  cachés dans l'un de ces camions.

— Mais ils doivent être gardés, chuchota Marc.

— Oui, il y a une sentinelle, souffla Frédéric en repoussant Marc du revers de la main, quelqu'un vient ! cachons nous derrière ces caisses.

Ils demeurèrent là, tapis dans l'obscurité pendant de longs instants. Deux hommes passèrent à proximité puis le bruit de leurs pas, résonnant sur les pavés humides, s'estompa au bout de quelques secondes. La bruine du soir s'était maintenant transformée en une lourde pluie d'automne. Nous étions dans les premiers jours d'octobre. Marc et Fred, trempés, se réfugièrent sous un porche.

— Les camions sont sans doute gardés, reprit Marc, et l'entrée de la caserne aussi.

— Oui, bien sûr, mais en passant derrière le mur d'enceinte, il y a une petite brèche, trop étroite pour un homme, et c'est sans doute la raison pour laquelle les soldats n'ont pas jugé nécessaire de la réparer... nous, nous pourrons nous y glisser sans trop de difficultés.

Il était près de trois heures du matin quand les deux enfants se faufilèrent, non sans peine, dans la caserne. La brèche était vraiment étroite,  les camions étaient garés là, déjà chargés. Ils devaient, d'après Fred, partir vers l'Allemagne, au petit matin. Les enfants se hissèrent furtivement à l'intérieur de l'un d'entre eux. Pendant ce temps, la sentinelle faisait les cent pas, à quelques mètres de là, loin de se douter de ce qui venait de se passer.

— Les camions ne sont jamais fouillés ? demanda Marc inquiet.

— Je ne sais pas, j'espère que non !

Les garçons somnolèrent au milieu de piles de draps et de couvertures, jusqu'à l'aube. Ils furent réveillés en sursaut par le bruit des moteurs. Dehors on entendait des voix d'hommes. Les enfants ne parvinrent pas à entendre ce que les soldats disaient.

— Pourvu que personne ne monte à bord, murmura Fred.

Mais non ! À présent, les camions roulaient. Le jeune garçon risqua furtivement un œil.

— On n'a pas de chance, on est suivis par un autre camion.

— On va se faire pincer, murmura Marc.

— Non… écoute, ne cherche pas à comprendre : tout à l'heure, quand on aura passé la frontière et qu'on sera en pleine forêt, on sautera !

— Mais on va se tuer !

— Non, dans la montagne, le camion roulera à vitesse réduite.

— Mais le chauffeur de l'autre camion va nous voir, insista Marc

— C'est un risque à courir, de toute façon, on n'a pas le choix et puis on sera en pleine forêt... et puis, tu me fais confiance oui ou non ?

— Bien sûr, souffla Marc.

Il commençait à comprendre qu'il avait de la chance d'avoir rencontré un garçon aussi débrouillard et aussi sympathique que Frédéric. Oui, c'était vraiment une chance car, lui, Marc, n'aurait sûrement jamais réussi à franchir aussi facilement la frontière. Le voyage n'en était qu'à son début et il restait encore beaucoup de chemin à parcourir. Marc était perdu dans ses songes lorsque le camion s'arrêta, des voix résonnèrent à l'extérieur.

— La frontière ! souffla Fred.

Quelqu'un souleva la bâche puis la rabaissa presque aussitôt. Les enfants, tapis derrière le linge, sentaient leur cœur battre à tout rompre dans leur poitrine puis au bout d'un moment, la colonne repartit. Frédéric risqua un coup d'œil rapide.

— On quitte la ville, dit-il, dès que ça commencera à grimper, il faudra sauter.

Le camion aborda péniblement la côte, toujours suivi par le second véhicule.

— Maintenant, on est en pleine forêt, au prochain tournant, on saute !

Le camion peinait de plus en plus.

— Vas-y Marc saute, lança Fred en poussant son ami hors de la remorque. Il se précipita à son tour à l'extérieur, juste à temps pour que le chauffeur du deuxième camion ne puisse le voir. Marc et Frédéric roulèrent dans les fougères. Marc ramassa son sac et les deux garçons attendirent un peu, cachés dans la forêt, à une dizaine de mètres à peine de la route.

— On ne s'en tire pas trop mal, hein ? lança Fred, satisfait.

— Non ça va, reconnu Marc, un peu étonné des choses spectaculairesque son ami arrivait à lui faire faire... tu es sûr que nous sommes en Allemagne,  ajouta-il

Évidemment, répliqua l'autre un peu vexé, tu me prends pour un imbécile ?

— Non, non

— Tu as des cartes géographiques ?

— Oui, des cartes d'Allemagne, d'Autriche et aussi de Hongrie, je sais où est le lac Balaton : il est situé en Hongrie, près de la frontière Autrichienne, expliqua Marc

— Tu te rends compte, Marc, la distance ? il faut gagner Munich... presque trois cents kilomètres, puis traverser toute la Bavière pour passer en Autriche dont il faudra traverser une bonne partie et enfin entrer en Hongrie et trouver le lac...le lac...

— Balaton, le lac Balaton... c'est vrai, reconnu Marc, mais... tu sais Fred, si tu veux, tu peux me laisser continuer tout seul, je comprends que...

— Tais-toi,  coupa l'autre, ce n'est pas ce que je voulais dire, tu es fou, je reste avec toi quoiqu'il arrive. Tu sais, je n'ai plus de famille et si j'avais la chance d'avoir encore mon père et qu'il vive dans un pays lointain, je ferais tout pour le retrouver... je t'aiderai ! jusqu'au bout ! si tu veux bien de moi, bien sûr.

Marc, ému, ne savait que dire, il avait écouté silencieusement Fred et répéta simplement  "bien sûr". Ils s'assirent et mangèrent quelques fruits, du pain et un peu de chocolat blanchit qui leur parut une délicieuse friandise.

— Nous sommes en pleine Forêt Noire, observa Fred. La forêt s'étendait de chaque côté sur des kilomètres. Les enfants trouvaient parfois des arbres fruitiers au bord des routes, souvent il s'agissait de pommiers.

— Nous ne manquerons pas de fruits, constata Fred amusé, du moins, pour l'instant.

— Oui... je pense que nous ferions mieux de marcher de nuit, suggéra Marc, reposons nous.

— Oui, mais restons à proximité  de la route.

 

         Les heures s’égrenèrent lentement jusqu'à la nuit. Les garçons reprirent leur marche, ils longèrent une petite ville dont plusieurs quartiers noircis par les incendies témoignaient encore de la violence des combats de naguère. Marc et Fred se cachaient à la moindre alerte. Cette première traversée se fit sans encombre, les rares personnes se trouvant encore dans les rues en désordre ne prêtèrent guère attention aux deux garçons. Quand arriva l'aube, ils étaient de nouveau en rase campagne.

— Nous avons dû parcourir une vingtaine de kilomètres, peut-être moins, estima Fred.

— Je suis fatigué, soupira Marc, nous n'y parviendrons jamais...

— Mais si, je vois une forêt, un peu plus loin, nous allons nous y reposer.

Il y avait un bois, avec une vieille maison abandonnée, dépourvue de porte et de fenêtre, sans doute un ancien pavillon de chasse

— Entrons !

La maisonnette se composait d'une unique pièce : les murs étaient couverts de graffitis de toutes sortes, le sol était jonché de vieux papiers et de verre brisé.

— Reposons nous ici, proposa Marc.

— …et mangeons un peu, ajouta Fred, j'ai une faim de loup, je mangerais un bœuf entier.

— Nous n'avons malheureusement que quelques pommes, du chocolat et un morceau de pain rassis.

Ils déblayèrent un coin de la pièce puis après s'être restaurés, s'allongèrent, à bout de force, à même le sol. Ils sombrèrent aussitôt dans un sommeil sans rêves, plusieurs heures passèrent. Soudain, Marc se sentit violemment secoué.

— Réveille-toi, ordonna Fred,  à voix basse.

— Qu'y a-t-il ?

— On vient, souffla Fred...viens cachons nous dans le coin de la cheminée.

Ils demeurèrent un long moment tapis dans la pénombre, dehors, il faisait grand jour, le soleil, absent la veille, brillait généreusement. Les deux garçons attendirent encore de longues minutes. Un bruit léger parvenait à leurs oreilles.

— Qu'est-ce que ça peut être ?

— On dirait qu'on remue des branchages, murmura Marc.

— Je vais voir, lança Fred, qui ne tenait plus en place, je reviens.

— Non, supplia Marc en essayant de le retenir par son pull, n'y vas pas.

L'autre se d‚gagea d'un mouvement brusque et se glissa à l'extérieur de la pièce ; il revint presqu'aussitôt, le sourire aux lèvres, l'air décontracté.

— Alors, demanda Marc

— C'est une vache, répondit Frédéric

— Une vache ?

— Mais oui, il y en a au moins une dizaine dans le champ d'à côté, on ne les avait pas vues à cause du feuillage. Si tu as envie de changer un peu ton alimentation, c'est le moment !

— Que veux-tu dire ?

— Réfléchis un peu, si tu veux on peut avoir du lait frais, ça nous changera un peu des pommes et du chocolat, si bon soit-il. Et puis, le lait, c'est excellent pour la santé.

— Mais on n’a pas de récipient.

— Et ta gourde !

 

 

         Les enfants attendirent le crépuscule pour se remettre en route.

À combien de kilomètres sommes-nous de MUNNICH, demanda Marc

— Près de deux cent cinquante, si j'en crois ta carte !

— Nous n'y arriverons jamais, je suis fatigué et découragé...

— Je sais, Marc, moi aussi, je suis fatigué... il faudrait... il faudrait trouver un moyen de locomotion.

— Il me reste un peu d'argent, prenons le train jusqu'à MUNNICH, suggéra Marc.

— Non, c'est de l'argent français, ici il n'a pas beaucoup de valeur et puis nous serions vite repérés, je parle très bien l'allemand, mais la police nous arrêterait, je n'ai aucun papier. Je ne tiens pas à retourner dans un orphelinat.

— Alors, il va falloir encore marcher ?

— Non , ton idée de prendre le train n'est pas mauvaise. Nous voyagerons donc de cette façon, mais clandestinement... il faudrait aller à la gare d'une ville importante et grimper dans un train de marchandise, expliqua Frédéric.

Marc consulta la carte.

 

— Il y a une petite ville à une trentaine de kilomètres environ.

 

 

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