Gweg face aux compagnons de la mort

 

 

 

Extrait du livre :

 

 

Dans les jours qui suivirent, Gweg eut une vision, il avait « vu » un manoir qui semblait correspondre à ce que ses parents recherchaient. Il réfléchit un instant et l’adresse de cette maison de rêve lui apparut comme par enchantement. Ce manoir était situé à proximité d’un petit village à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Le jeune garçon eut un doute : Khorlak serait-il d’accord ?

- Oui ! Je suis d’accord ! claqua une voix gutturale.

L’énigmatique vieillard venait de répondre à la question que Gweg s’était mentalement posée.

- C’est moi qui t’ai transmis la vision de ce manoir, reprit Khorlak. Tu découvriras bientôt pourquoi.

Toute la famille se rendit sur les lieux en passant d’abord par le café du coin.

- Si vous voulez mon avis, n’achetez pas ce truc-là, lança le cafetier aux parents de Gweg. Les proprios se sont barrés en pleine nuit avec le diable aux fesses.

- Ah bon ? dit Manfred Carley.

- Comme j’ vous l’ dis ! hantée, la bicoque vous m’entendez ? hantée !

- Dédé ! hurla une voix, apporte un demi !

- Excusez-moi, on n’ peut pas avoir une minute à soi !

Monsieur Carley se tourna vers sa femme, puis vers son fils.

- Je je ne comprends pas. Qu’est-ce que je dois faire ?

- Achète ce manoir Papa.

- Mais d’après le cafetier, c’est la maison du diable !

- Peut-être, mais fais-moi confiance.

- Oui, Manfred, faisons confiance à notre fils.

- Bon

 

Le manoir était très à l’écart du village et l’on y accédait par un chemin pierreux assez mal entretenu.

- Je vais y laisser mes amortisseurs, grogna Manfred Carley.

- On pourra faire réparer la route, répondit doucement sa femme. Avec l’argent qu’on a maintenant.

 

Au détour d’un tournant, le manoir apparut, d’après l’agence immobilière, il datait du début du dix-neuvième siècle.

- Le patron du bistrot avait raison, souffla La Cuisse : on dirait la maison du diable.

- Pourquoi dis-tu ça, protesta Marylou, tu vas me flanquer la frousse.

- Elle a raison, renchérit son frère, tu vas nous flanquer les j’tons !

- Bon ça va, j’ n’ai pas voulu vous foutre les foies sorry !

- Dites, les enfants, ça vous gênerait beaucoup de parler un français à peu près correct ? demanda monsieur Carley d’un ton ironique. On se croirait dans une baraque foraine à la foire du Trône.

Les gosses baissèrent timidement la tête.

On gara la voiture le long de l’imposante bâtisse à côté d’un autre véhicule appartenant à l’agent immobilier avec lequel la famille Carley avait rendez-vous. On accédait au manoir par un large perron, deux tours s’élançaient de part et d’autre vers le ciel. Le parc s’étendait sur plusieurs hectares.

- Ouah ! c’est un château, s’exclama Driscoll avec un sifflement admiratif.

- Presque ! répliqua madame Carley.

- Je vais vous faire visiter l’intérieur, déclara l’agent immobilier sans prêter attention aux propos des uns et des autres. Vous verrez, c’est spacieux et l’endroit est très calme !

- Oui, mais il ne serait pas un peu hanté ? demanda Manfred d’une voix gutturale.

- Ah ! eh bien, je constate que les ragots ont été bon train, grinça l’homme.

- Il y a bien souvent un fond de vérité dans les rumeurs, reprit monsieur Carley en adressant un regard complice aux autres.

- Venez, je vais vous faire visiter vous savez, le prix que l’on en demande est très peu élevé, à cause, justement de cette stupide rumeur.

Il ouvrit la porte qui émit un grincement sinistre.

Manfred et Abigaïl se tournèrent vers Gweg.

- Achetez-le, il n’y a pas à hésiter !

« Drôle de famille, pensa le promoteur : c’est le gamin de douze ans qui décide ou non d’acheter cette foutue bicoque ».

- Eh oui, répliqua Gweg à voix haute, faisant sursauter les autres. C’est comme ça ! Puis, il ajouta mais par télépathie « il faudra réparer la chaudière et mettre l’électricité aux normes ».

L’homme, terrorisé, se retourna vers le gamin.

- Mais dites, vous tous, vous êtes qui, au juste ?

- Ne vous occupez pas de savoir qui on est on achète, répliqua Gweg. Inutile de visiter, on connaît.

L’homme le dévisagea de plus en plus surpris et Gweg reprit mais de nouveau par télépathie  :

« Par contre, il faudra baisser le prix de dix pour cent si vous ne voulez pas qu’il vous pousse des poils de partout et des oreilles d’éléphant ».

Les autres perçurent cette intervention et éclatèrent de rire sous le regard terrorisé de l’agent immobilier. L’affaire se fit avec un sérieux rabais à la clé ! Le bonhomme ne demanda pas son reste et décampa pour ne jamais revenir !

- J’ai vendu votre maudite bicoque à une clique de démons, déclara-t-il aux anciens propriétaires. Une clique de démons commandés par une espèce de Méphistophélès de douze ans ! Prenez votre foutu fric, je ne prends aucune commission ! Je ne veux plus entendre parler ni d’eux ni de vous!

 

 

 

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