Gweg et l'enveloppe mystérieuse

 

 

Extrait du livre :

 

Gweg et ses amis reprirent leur route, les parois rocheuses qui longeaient le souterrain n’avaient rien d’engageant. Après environ un kilomètre, ils aperçurent une sorte de lac à ciel ouvert, aux eaux sombres sur lequel était stationnée une… soucoupe volante.

— Elle flotte, remarqua Marylou.

— Elle est vert fluo, déplora Driscoll. Je l’aurais préféré jaune avec un disque rouge.

Marylou s’esclaffa tandis que les garçons, ne prêtant aucune attention aux propos de leur frère, s’approchaient avec méfiance et admiration de l’étrange véhicule. La carrosserie, recouverte d’une franche couche de peinture d’un beau vert fluorescent scintillait sous la voûte étoilée.

— Tu crois qu’on peut se servir de ça ? demanda Ludo à Gweg.

— Oui… sans doute, mais il faudra faire attention.

Ils ouvrirent la portière qui se relevait à la manière d’une voiture de course. Driscoll sauta à bord.

— Les gars, j’ voudrais la conduire.

Le tableau de bord était truffé de compteurs en tous genres.

— C’ n’est pas une première main, reprit Driscoll. 1 721 589 kilomètres ! Avec un truc pareil, on va tomber en rideau !

— « En rideau », répéta Marylou, tu n’ peux pas dire « en panne » comme tout le monde.

Ils s’installèrent tous les quatre.

— Attachez vos ceintures, ordonna une voix métallique asexuée.

— Ben si on n’veut pas, grogna Driscoll en fronçant les sourcils.

— C’est vos oignons, déclara calmement la voix. Mais vous ne viendrez pas chialer si ça tourne mal !

Les enfants se regardèrent interloqués.

— J’adapte mon langage en fonction des individus que je transporte, ajouta la voix.

«  Eh ben, ça promet », pensa Gweg.

— Je souhaiterais que vous démarriez, demanda Driscoll en s’efforçant de parler correctement.

— Vous devez revêtir les combinaisons spatiales qui se trouvent à bord : elles sont à votre taille !

Le vaste véhicule prit son envol vers les étoiles.

— Super, s’écria Driscoll fou de joie. Plus vite !

— Non, cria Gweg.

— Je n’écoute que la voix du pilote, indiqua l’engin.

— Ouaaaaah ! Vitesse maximale, exigea Driscoll qui semblait soudain en proie à une sorte de folie furieuse.

— On va s’ tuer, hurla Ludo.

Les autres n’eurent pas le temps de répliquer, car un sifflement strident leur déchira les oreilles. Un projecteur intense les aveugla et une voix gutturale hurla :

— « Gendarmerie intersidérale » ! Garez-vous immédiatement.

Une immense soucoupe volante bleue à peu près trois fois plus grande que celle des enfants et beaucoup plus rapide leur barra la route. Une large passerelle grise relia les deux véhicules et deux individus, vêtus de combinaisons spatiales orange, arrivèrent dans l’appareil des enfants. Ils avaient une silhouette humaine, mais la comparaison s’arrêtait là, car leur peau était recouverte d’écailles grises  et ils avaient des crêtes sur la tête, semblables à celles de certains volatiles préhistoriques.

— Bonjour messieurs dirent-ils, vous venez d’être contrôlés en excès de vitesse : cinq fois la vitesse de la lumière, alors que vous ne devez aller à cet endroit,  au grand maximum, qu’à quatre fois la vitesse de la lumière.

— Vous êtes humains, à ce que je vois, constata le second « gendarme »

— Oui, bredouilla Driscoll tout penaud.

— Présentez-nous les papiers du véhicule, demanda le premier.

Il examina scrupuleusement les documents et reprit :

— Ça va pour cette fois, mais n’y revenez pas…

— Vous êtes de quelle planète ? insista son collègue.

— Euh, c’est une petite planète de la Voie lactée, expliqua Driscoll. La Terre.

— La Terre ? reprit l’autre… mais je connais ! ma grand-mère était terrienne ! Quand j’étais gosse, elle me racontait son enfance, là-bas. De quel pays venez-vous ?

— De France ! lança fièrement Marylou.

— De France, gloussa l’autre au comble du bonheur. Décidément, l’univers est petit ! Ma grand-mère était « franssienne ». Je ne sais plus comment on dit exactement… « franssienne » c’est bien ça ?

— « Française », corrigea Gweg en esquissant un sourire.

— Mais dites donc, reprit le gendarme décidément intarissable. C’est toujours François 1er qui règne là-bas ?

— Nan, c’est Attila, ironisa Driscoll.

— Ah tiens… c’est fou comme les choses changent. Un jour, j’irai en vacances sur Terre histoire d’y passer un ou deux siècles… bon, vous pouvez y aller, mais attention à  la vitesse. Surtout que ces jours-ci, c’est orange pour la circulation : à cause des vacances intersidérales, vous comprenez ? Chacun veut aller visiter la galaxie de son voisin.

Les enfants saluèrent poliment les gendarmes intersidéraux qui s’éloignèrent rapidement.

— Je vais piloter, lança Gweg en poussant doucement son frère. En avant. Direction  Oxilom à la vitesse réglementaire.

La soucoupe volante se remit en marche à six cent mille kilomètres à la seconde.

— Ben dis donc, siffla Driscoll en parlant du « gendarme intersidéral » s’il veut aller sur Terre, il faudra qu’il change de look parce qu’avec une gueule pareille, il va flanquer la frousse à tout le monde !

Marylou et les autres éclatèrent de rire :

— Surtout s’il pense que c’est Attila qui commande, reprit le gamin.

La soucoupe traversait à vive allure l’espace interstellaire.

— C’est magnifique, s’extasia Ludo. Il y a sans doute des milliers de planètes comme la nôtre.

— Sans doute, admit Gweg.

Devant eux grossissait une planète.

— Oxilom, reprit le garçon. Regardez comme sa surface est rouge.

— Le précieux minerai, tu crois ? demanda Ludo.

— Je le suppose, oui. Atterrissons, je pense que l’air y est aussi respirable que sur Terre. Je ne ressens aucun danger, comme l’a d’ailleurs affirmé Khorlak.

L’engin spatial se posa délicatement sur la planète, le cockpit s’ouvrit, une passerelle s’élança vers le sol et les enfants purent descendre, vêtus de leurs combinaisons.

— On peut laisser nos casques à l’intérieur, décida Gweg : il n’y a aucun danger !

La terre était rouge vif, il n’y avait rien d’autre que de la terre et des arbres. Ils avaient des troncs roses, mais leurs branches étaient dépourvues de feuilles.

— C’est p’ être l’hiver, suggéra Ludo.

— Peut-être, répondit Gweg.

— C’est étrange, chuchota Marylou en regardant autour d’elle comme si elle craignait une intervention quelconque.

— Venez, reprit Gweg, faisons provision de la fameuse matière dont nous aurons besoin pour combattre les Messadoriens…   

Ils remplirent des coffres qui devaient, une fois pleins, peser dans les deux ou trois cents kilos, mais les enfants étaient investis, pour l’occasion, de la force extraordinaire transmise par Khorlak.

— Génial ! s’écria Driscoll, je peux en porter deux en même temps. C’est chouette !

— Ne traînons pas ici, déclara soudain Gweg, je pressens, à présent, un danger.

— Mais Khorlak a dit, commença Driscoll.

— Retournons à la soucoupe volante, là seulement nous serons hors de danger. Je vous rappelle que sur Oxilom, Khor… enfin, qui vous savez ne peut intervenir.

 

 

 

Acheter le livre en version en cliquant ici